Saison 2015-2016 : aventures d’une folle jeunesse

Il n’est jamais trop tard pour publier son bilan. Que les méchants soulignant que nous sommes déjà en septembre et que la saison suivante a déjà débutée je leur dis : qu’importe !

Un de nos estimés voisins propose un format maintes fois éprouvés, je me permets de lui emprunter les grandes lignes pour rédiger le mien.

1. Figures

Lieux fréquentéssalle

Genreslieu

Epoquesgenre

Je tiens à disposition de tout étudiant dont l’objet d’étude serait la fréquentation des salles parisiennes chez les moins de 28 ans possédant au moins un abonnement jeune et faisant plus de dix concerts par an le fichier correspondant.

2. Commentaires

Sans véritable surprise donc, exceptée le score délirant de 75 concerts qui constitue mon record personnel à ce jour (j’ai promis de faire moins bien cette année)(quatre concerts en moins de dix jours à mon compteur, je ne sais pas si je suis engagée dans la bonne direction…).

Mes fréquentations correspondent bien à mes marottes depuis ma découverte du classique : orchestre en configuration symphonique et opéra, de préférence fin 19ème début 20ème avec une poche de résistance dans l’opéra français du 17ème siècle (LULLY pour ne pas le nommer)(le coupable aux influences funestes salvatrices se reconnaîtra).

En terme de fréquentation de salle, on retrouve le trio classique Philharmonie de Paris, Radio France et Opéra National de Paris (forcément quand la place de concert est à 8€ pourquoi s’en priver ?). Avouons que lorsque les places seront pleins prix, les profils seront probablement différents.

75 soirées c’est bien joli mais qu’en retire-t-on finalement ? Je considère les soirées mémorables comme étant celles dont je me souviens plusieurs moi après, que se soit en terme de frisson musicale, de compagnie ou de discussions enjouées. Le top de la saison serait donc le suivant (sans ordre particulier) :

  1. Le Chevalier à la Rose à l’Opéra Bastille. Ce n’était pas tant les chanteurs ou la direction d’orchestre mais l’ensemble du spectacle qui fonctionnait merveilleusement bien. Je me rappellerai du début de l’acte II pendant encore longtemps.
  2. Prométéo à la Philharmonie.  Durant deux heures, le sentiment d’être bercée par des vagues de sons, comme un cocon enveloppant, l’esprit divagant ça et là.
  3. Airs des opéras de Lully et Charpentier, Grand Salon des Invalides, CNSM et Haïm. Donnez-moi mes airs préférés d’Atys interprétés par de jeunes gens vigoureux et habités par ce qu’ils font, cela donne forcément une très grande soirée !
  4. Le quatuor N°3 de Brahms, Soubise, Trio Karénine et Sarah Chenaf. Je ne suis pas très musique de chambre, plus par manque de temps que par manque d’intérêt et les symphonies de Brahms ont ce côté ronflant qui s’écoute bien en arrière plan mais qui ne m’excite pas plus les oreilles que ça. N’étant pas du tout préparée, la découverte de l’oeuvre fut d’autant plus marquante !

On s’essaiera au même exercice à la fin de la saison 2016-2017 afin de comparer les coups de cœur et les fréquentations de salles, répertoire et genre. Le rendez-vous est donc donné pour août/septembre prochain.

Beethoven à vents à la Philharmonie

Concert en salle de répétition (Philharmonie de Paris) le 17 avril 2016, musiciens de l’Orchestre de Paris.

Programme assez rare : ouverture Fidelio et septième symphonie de Beethoven pour nonette à vent dont hautbois, clarinettes, cors et bassons (doublés), et contrebasson solo !

Il y a un côté plus léger et moins sombre qu’avec orchestre, que ce soit dans l’ouverture ou dans la septième. La transcription de Fidelio révèle une certaine parenté avec la sixième (surtout chez les clarinettes), surprenant échos de la pastorale !

Ce qui chatouille le plus l’oreille sont les transitions entre parties déjà orchestrées pour vents et parties transcrites pour l’ensemble : comme si la greffe était encore sensible sous les doigts. L’évidence face quelque chose de plus rugueux. L’interprétation peut-être ?

Je n’ai pas été bien convaincu par le contrebasson. L’instrument est peu audible si ce n’est son côté pétaradant dans les graves. On nous précise que le rôle de la basse est le plus souvent tenu par la contrebasse. Parti-pris facilement compréhensible en terme de nuances de jeu.

Messages aux douces âmes qui viendraient à passer par ici : à quand une intégrale Fidelio pour nonette ?

Royal Winterreise à la Philharmonie de Paris

Die Winterreise, 31 mars 2016, Philharmonie 2. Matthias Goerne & Markus Hinterhauser.

La projection du Festival d’Aix (William Kentridge) est léchée et très plaisante. Elle est néanmoins assez conséquente en terme de distraction : les images projetées sont immenses et occupent souvent toute l’arrière-scène, les changements de contrastes entre tableaux sont importants (fond blanc versus fond noir) et les éléments animés (oiseau, nus de femme, images de guerre) sont bien souvent trop distrayant.
Mais le plus frustrant dans cette configuration était de nous avoir plongé dans le noir. Le livret distribué était tout simplement illisible, et la création visuelle n’illustrait pas le propos du poème. Le plus simple était encore de fermer les yeux pour rester concentrée.

Goerne est impressionnant en terme de projection. Il occupait aisément toute la salle, même dans les moments les plus doux. Toujours ce sentiment de l’avoir au plus près de nous. Voix riche de nuances très bien accompagnée par le jeu illustratif de Markus Hinterhauser.
J’étais malheureusement un peu trop distraite pour profiter pleinement de cette première rencontre, mais belle soirée néanmoins.

310316 winterreise

Pleine nuit, voyage insoupçonné à l’Opéra Comique

L’Opéra Comique est en travaux durant toute l’année 2016. En son sein une exposition temporaire, Pleine nuit (C. Boltanski, J. Kalman, F. Krawczyk).

Rendre le lieu, même si ce n’est que pour une petite demi-heure, visible par les spectateurs et amourachés du lieu sous un autre jour ; avoir l’impression de faire partie de la reconstruction durant quelques minutes. Un privilège.

Ma surprise est extrême. Pleine nuit est décrit comme une Errance poétique et musicale. Vrai, je ne le conteste pas. Mais les images invoquées ici m’ont plus perturbée qu’émerveillée. Disons-le sans détour, j’ai eu l’impression de visiter un tombeau plus qu’un chantier à l’arrêt pour l’espace d’une nuit.

Casques de chantiers tous équipés de leur petite lumière sur la tête. Semi-obscurité permanente. Fumée et poussières. Des figurants, vêtus de noir, portent sur leurs visages des gazes imprimées : vision d’enfants et adultes tout sourire. Ils sont prostrés pour la plupart, assis ou debout, dans les coins ou en plein passage. Certains surveillent des métronomes qui se sont arrêtées. Quelques notes ponctuent le parcours.

Entrée de la marche funèbre au détour d’un couloir plus sombre. Tambours et cors. Nous suivons, escortant un tombeau (qui ?), à travers les étages jusqu’à l’arrivée dans les coursives le long de la salle. Des figurants portent et transvasent dans un cycle infini ce qui pourrait très bien ressembler à des corps. Dans des sacs, emballés. A gauche et puis à droite, petites montagnes noires.

Court intermède dans la salle suivante. Une chanteuse lyrique sur un lit de pétales. Je ne reconnais pas l’air mais il est triste. Les figurants sont toujours dans les coins, immobiles et captivés. La mélodie se termine. Nous suivons la chanteuse jusqu’à l’espace suivant.

Fulgurance ! Les mêmes sacs plastifiés noirs sont pendus au plafond comme des cocons. Il y en a partout. Comme une boucherie humaine. Il fait sombre, on perçoit quelques lumières. Il neige, le sol est blanc, nos manteaux sont blancs.

Attente. Flash lumineux par moment. La neige s’arrête puis reprend. Les figurants agitent des crécelles. Les cors apparaissent dans les hauteurs pour mieux s’évanouir. L’espace est immense. Attente.

Une flûtiste et l’un des accès nous est soudainement ouvert. J’ai comme l’impression d’être devenue l’un des suiveurs du joueur de flûte de Hamelin. Nous descendons des escaliers guidés par le rythme lancinant.

On me demande mon casque. Je finis sur le trottoir avec des paillettes de papier.

Que s’est-il passé ?

270216 Pleine nuit

Présence n°4, au pays de l’accordéon

Festival Présence, studio 105 (Radio France), dimanche 7 février 2016.

L’accordéon. J’ai voulu lui donner sa chance. Cadre nouveau, ambiance feutrée, très loin des mélodies vieillottes des rames parisiennes.

Verdict ?
Des hauts et des bas.

J’ai bien peur que le programme n’ai pas aidé à faire remonter l’étrange animal dans mon estime. Toutes les pièces solo sans électronique, 5 Danses incandescentes (Dazzi) et Feria IV extrait « Pezze I » (Donatoni) ne m’ont pas touchées ni fait travailler les méninges. Il y a toujours ce côté daté, vieux crin-crin, qu’il m’est difficile à prendre au sérieux. Si vous me répondez que c’est là que réside le charme de l’instrument, j’abandonne dès à présent…
Interno rosso con figure II (Verunelli) proposait une déformation en temps direct des sons de la bête. Là, quelques chose se dessinait enfin dans l’espace. Très abstrait, le traitement électronique donnait un réel relief à l’instrument. On ne le percevait presque plus, le résultat obtenu après transformation étant particulièrement exotique, presque évanescent. Moment de fatigue, je n’ai pas d’image à invoquer.

Du fait que le public soit assis assez près de la scène au studio 105, j’ai réalisé à quel point jouer dans ces petites cages où sont suspendues toutes ces cloches, gongs et autres résonateurs doit être une expérience éprouvante. Tout remonte aisément jusque dans mes côtes. Comment les musiciens font-ils pour le supporter d’aussi près ?!
Golfi d’ombra (Romitelli) est assez incroyable. Tout se développe et s’articule autour des quelques notes profondes des gongs. De là, les résonances montent et enveloppent toute la salle. La pièce fonctionnait beaucoup mieux que Risonanze trasparenti (Dazzi), pourtant construite pour mettre les résonances en avant plutôt que les rythmes des percussions. Malgré les échos des gamelans enregistrés qui pulsaient à intervalles irréguliers, les jeux de superpositions se trouvaient assez limités. Le collage n’a pas vraiment pris.

Le summum de la soirée : #3987 Magic Mauve (Verunelli) et Clair-obscur (Drouet).
Dans le premier, tout un arsenal étrange nous guette de son perchoir : célesta kalimba, tuyau acoustique, amoncellement de coquillages-perles… Forêt fantasmée où fête dans un magasin de jouet en rébellion furieuse ? Base assez grave en continu avec, ça et là, de petites touches colorées comme des oiseaux en joie. Hypnotisant.
La dernière œuvre de la soirée procède d’un véritable duel entre les deux instrumentistes. Ça tape, crie, souffle, ronfle et gronde (tak-tak-tak…). Et ça recommence ainsi plusieurs minutes durant. Pause, reprise. Mort de l’accordéon qui se dégonfle presque devant nos yeux.

Un grand bravo à messieurs Pascal Contet (accordéon) et Florent Jodelet (percussions). Leur maîtrise technique m’a donné le vertige !

Concert n°5 dans quelques heures…

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Qu’il fait beau dans les ténèbres !

Pelléas et Mélisande, Berliner Philharmoniker, Simon Rattle, décembre 2015 (captation).

Je suis estomaquée. Sur le papier la distribution est prometteuse, le résultat final récompense glorieusement nos espérances.

La mise en espace de Peter Sellars fonctionne diaboliquement bien. Pas de décors à proprement parler si ce n’est quelques néons et un bloc monolithique sombre délimitant les ambiances. Tout est en subtilité, tout se lie sur les visages. (Cela fonctionne à merveille pour la vidéo mais qu’en était-il en salle, surtout pour les personnes situées au fin fond de la Philharmonie ?)

Performances spectaculaires de tous les chanteurs principaux. Je retiens particulièrement Magdalena Kožená (Mélisande), Gerald Finley (Golaud) et Christian Gerhaher (Pelléas). Chacun habitant son rôle, chacun en proie à une douleur permanente. Le français est très bon chez tout le monde, voir excellent. Rien ne me déstabilise plus, surtout dans Pelléas et Mélisande, que des diseurs approximatifs.

Le livret tout en suspension permet toutes les variations possibles du personnage de Mélisande : timorée et naïve, femme fatale ou encore sylphide-démone selon les interprétations.  Ici tous les mâles succombent les uns après les autres. Première fois que je contemple une Mélisande si érotique : Magdalena Kožená est maîtresse d’elle-même au royaume des hommes.

Certains éléments ont particulièrement fait sens et je salue Peter Selars de les avoir introduit. Il m’était toujours apparu étrange que Mélisande suive Golaud à la toute fin de la première scène. Pour quel motif ? Est-elle effrayée par la perspective d’une nuit « très noire et très  froide » ? Non, la bonne idée ici était de mettre en parallèle le « je suis perdue, perdue » (Mélisande) avec « je suis perdu aussi » (Golaud). La résonance est magnifiquement illustrée sur scène : Mélisande qui ne voulait pas être touchée jusqu’à présent fait le premier geste. Connexion. Élément présent dans le livret depuis le départ et mis en lumière avec la plus grande simplicité. Bravo.

La fin de l’acte IV est glaçante et demeure l’une des plus fortes que j’ai pu contempler jusqu’à ce jour. Pelléas et Mélisande enlacés surveillent Golaud fondre sur eux. Leur dernier sursaut de vie se fait alors qu’il est à moins de deux mètre du couple. Provocation ultime au mari trompé. Ce dernier échange prend d’autant plus de sens dans cette disposition. Triomphal ici aussi.

Particulièrement frappée par l’interprétation de Rattle : on se croirait au théâtre. L’orchestre fait corps avec le drame, les silences sont frappants. Le pupitre de corde est toujours aussi bien représenté. Je n’ai pas retrouvé le grain des contrebasses que j’avais entendu à la Philharmonie l’année passée, je met ça sur le compte de ma captation.

En définitive, novice futur, c’est cette version que je te recommanderai.

Blow, bugle, blow…

Douglas Boyd et l’Orchestre de Chambre de Paris, le 3 novembre au Théâtre des Champs-Élysées.

Soirée anglaise : Corelli, Tippet, Purcell et Britten dont la Sérénade pour ténor et cor et les Variations sur un thème de Frank Bridge.

Sérénade.
Étrangement dès que le cor retentit, on s’attend à poursuivre avec un orchestre symphonique  et le passage à l’allemand. Votre dévouée est décidément perdue à la cause wagnérienne.

Stefan Dohr est exceptionnel avec son instrument infernal. Il faut pourtant sortir les notes, sa maîtrise me stupéfait. Accompagné d’Andrew Staples, en remplacement de Toby Spence, le duo est particulièrement savoureux : une voix assez incroyable de clarté, bien articulé, comme au milieu de la bouche. Unique Britten,  je ne peux empêcher d’avoir Billy Budd au creux de l’oreille…
« Every nighte and alle »

Variations.
Drôle de mosaïque inattendue : valse viennoise, chaleureuse Espagne, bords de mer, voile nocturne… La promenade est belle.

Corelli, Tippet, Purcell… Rien n’a rapporté en leur faveur.

 

Burgan et Walton à la Maison de la Radio

Un lac scintillant, une part de gâteau viennois et les étendues sauvages.
Voilà ce que je retiens du concert du 2 novembre à la Maison de la Radio (studio 104) avec l’Orchestre Colonne et Laurent Petitgirard à la direction.

Patrick Burgan, L’Archipel des Saisons. Seize miniatures en japonais : des jeux sur la sonorité des mots (onomatopées, allitérations…), de belles images à la manière des haïkus, le tout d’une fluidité impeccable. Cela m’avait extrêmement plu. Je voulais donc voir à quoi ressemblait une pièce symphonique du même compositeur.

Le résultat fut plutôt mitigé.
Le Lac : les premières minutes sont magiques. Le violoncelle incarne parfaitement le grand-père à la voix douce au coin du feu. Projection. On entend l’eau, le vent, les feuilles. On perçoit presque les nymphes s’ébattrent dans les ondes. Le Sacre du Printemps est tout proche. Tout commence bien.
Malheureusement quand le poème débute, l’écriture n’est plus aussi illustrative. On retombe dans du déjà entendu et pas des plus inspirés. Les vers de Lamartine sont un peu traumatisés par l’écriture agressive et brute de la partie chantée. Je ne suis plus touchée. Fin.

Après les ondes, c’est le Burlesque pour piano et orchestre de Strauss qui prend la suite.
Un gâteau. Avec de la crème. Un peu lourd et mal digéré.

La soirée se termine avec la première symphonie de Walton.
Premier mouvement : ça joue (très) fort. Les cors sont présents et savent se faire remarquer. Je vois parfaitement le paysage se construire devant mes yeux : les plaines, les montagnes, et même un peu de brume. Comme un air de Sibelius.
Les autres mouvements ne m’émeuvent guère, j’accuse la fatigue.
Moi qui ai toujours Beethoven ou Malher dans les oreilles, je n’entends pas les grands cris héroïques ou les arches sonores se contruire. Cette symphonie est douce en comparaison. La progression est palpable et implacable, certes, mais tout cela reste peu mouvementé au final (je n’ose pas dire mou).

Comme à chaque fois, difficile de m’exprimer sur la qualité de jeu de l’orchestre lorsque je ne connais pas les œuvres jouées. Pas de commentaire à fournir à ce propos cette fois ci.

Réputations : Argerich, Lucerne, Nelsons

Grâce à une gracieuse invitation, j’ai pu m’y faufiler, et entendre pour la première fois en personne deux légendes et un chef très en vogue.

Je m’explique très bien la fascination pour Martha Argerich :

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L’orgue de la Cathédrale Œcuménique de la Porte de Pantin

Mercredi et jeudi, inauguration de l’orgue de la Philharmonie de Paris, que les spectateurs avaient déjà pu découvrir, de façon inattendue, dans le concert d’opéra français de Minkowski (l’air inédit de Poniatowski se déroule dans une cathédrale).

La disparité des salles de concert permet sans doute d’anticiper moins facilement le rendu d’un tel instrument, et la firme Rieger était donc face à un véritable défi.

L’orgue n’est pas entièrement prêt (tous les tuyaux sont là, bien sûr, mais deux tiers des jeux seulement sont harmonisés), mais on pouvait déjà percevoir quelques constantes :

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Indomptable Nature au TCE : La Pastorale, Das Liede von der Erde

Twitter. On y trouve de tout, et parfois des invitations.
Lundi 26 octobre 2015, Orchestre Philharmonique de Rotterdam, Yannick Nézet-Séguin et un joli programme : 6ème Symphonie de Beethoven ; Das Lied von der Erde, Malher, Sarah Connolly et Robert Dean-Smith.

Amusant de constater que pour une salle qui revendique un certain standing,
des touristes font lever des rangées entières après que le concert ait commencé. Je souris.

La Pastorale. Impossible de ne pas marquer le rythme : les doigts, les pieds, la tête. À faire sans perturber ses voisins… Les bassons et la flûte couinent gaiement jusqu’à l’orage, entêtant.

L’orage. À chaque nouvelle écoute, la comparaison avec le déluge de Haitink (LSO, 2005) est obligatoire. Cela sera-t-il plus violent ou plus doux ? Plus doux aujourd’hui. Orage qui crépite et se propage. Échos. Superbes cordes, jusque dans les derniers instants.

Das Lied von der Erde. Je connais mal. Je m’essaie à une écoute avec le livret présent dans le programme.
Première impression : écouter Wagner forme l’oreille et je me repère sans trop de difficulté. Des mots familiers ici ou là. Faire le lien entre les tensions de la partitions et le poème en allemand. Magique.

Contre-effet : je vis le texte à travers la musique, je ne suis pas assez concentrée pour imprimer l’interprétation.
Frappée par la beauté du texte. Nous ne sommes pas dans un au-delà fantasmé mais bien dans la vie terrestre. Aimée, vécue, transmise. Parfait.
Le dernier mouvement m’évoque celui de la troisième. Dévastateur.

Twitter. À surveiller définitivement.